Acheter une montre suisse : 10 questions à poser au vendeur avant d’acheter

Acheter une montre suisse ne s’improvise pas.

Que vous visiez une pièce neuve, « presque neuve » ou de seconde main, les bonnes questions à poser au vendeur font la différence entre un achat serein… et une mauvaise surprise. Dans ce guide, vous trouverez 10 questions concrètes (avec quoi vérifier, quels documents demander et quels signaux d’alerte repérer) pour acheter un garde-temps suisse dans les meilleures conditions, en Suisse ou à l’international.

Pourquoi ces questions sont indispensables (même pour une “belle affaire”)

Le marché est dynamique, mondial et parfois opaque. Pour donner un ordre de grandeur, la Fédération de l’industrie horlogère suisse (FH) indique qu’en 2025, la Suisse a exporté 14,6 millions de montres, avec une valeur totale de 24,4 milliards CHF (toutes catégories confondues). (fhs.swiss)

Dans le même temps, la contrefaçon reste une réalité : l’OCDE estime qu’en 2021, la valeur des fausses montres portant atteinte à des marques suisses atteignait 1,88 milliard USD (plus de 40% de la valeur des contrefaçons visant la propriété intellectuelle suisse), soit environ 7,7% de la valeur des exportations horlogères suisses de cette année-là. (oecd.org)

Enfin, il existe aussi un risque « non technique » : l’origine (montre volée, fraude documentaire, numéros incohérents). D’où l’intérêt d’une démarche structurée, orientée preuves.

Avant la visite : 3 règles simples pour acheter une montre suisse sans stress

1) Exigez des éléments vérifiables (pas seulement un discours)

Un vendeur sérieux accepte de fournir des preuves (photos nettes, documents, numéros, historique) et de répondre de façon cohérente. Méfiez-vous des réponses vagues du type « je l’ai eue via un ami » sans aucune trace.

2) Vérifiez ce que signifie “Swiss Made” (et ce que cela ne garantit pas)

“Swiss Made” est un cadre légal : depuis l’entrée en vigueur des règles « Swissness » pour l’horlogerie, au moins 60% du coût de revient d’une montre (produit fini) doit être généré en Suisse (avec des exigences spécifiques aussi pour le mouvement). (ige.ch)

En revanche, ce marquage ne remplace pas une authentification ni une vérification de l’historique (vol, falsification de papiers, substitutions de pièces, etc.).

3) Préparez une mini-checklist d’inspection

  • Photos haute définition : cadran, fond, boucle, cornes, couronne, rehaut (si présent), numéros visibles.
  • Vidéo des fonctions : mise à l’heure, date, chrono, remontage, changement de fuseau si applicable.
  • Vue d’ensemble : état du bracelet, jeu dans les maillons, impacts, rayures profondes.

Les 10 questions à poser au vendeur (et comment interpréter les réponses)

1) “Quelle est la référence exacte et quels sont les numéros (série / boîtier / mouvement) ?”

Demandez la référence complète (ex. famille + déclinaison) et les numéros pertinents. L’objectif : faire correspondre montre, documents et description.

  • À demander : photos nettes des numéros (là où ils se trouvent sur ce modèle), photo de la carte/papiers avec référence.
  • À vérifier : cohérence des polices/gravures, alignement, absence de traces de regravure.
  • Signal d’alerte : refus de communiquer tout numéro (même partiellement) sans raison valable.

2) “Pouvez-vous prouver que la montre n’est ni volée ni déclarée perdue ?”

Ce point est souvent négligé. Pour une diligence raisonnable, vous pouvez demander une vérification sur une base spécialisée. Par exemple, The Watch Register recommande de vérifier toute montre d’occasion (même avec boîte et papiers) et indique qu’un tiers des montres volées qu’ils localisent seraient proposées avec boîte et papiers. (thewatchregister.com)

  • À demander : identité du vendeur + preuve de propriété (facture d’origine, documents nominaux si disponibles, ou chaîne de possession claire).
  • Bon réflexe : vérification via un registre (selon le cas, cela peut être payant). (thewatchregister.com)
  • Signal d’alerte : vendeur pressé, refus de fournir ses coordonnées, incohérences dans l’histoire.

3) “Quelle est la provenance exacte (pays d’achat, date, premier propriétaire) et pourquoi la vendez-vous ?”

Une provenance claire rassure et simplifie les vérifications. La question « pourquoi vous la vendez » n’est pas intrusive : elle permet de détecter les récits fabriqués.

  • À demander : date approximative d’achat, canal (boutique, AD, collection privée), justificatifs associés.
  • Signal d’alerte : changement de version, “je ne sais plus”, “je l’ai depuis longtemps” mais documents datés récemment.

4) “La montre est-elle full set ? Qu’y a-t-il exactement (boîte, surboîte, carte, livret, tags) ?”

Une montre “complète” n’est pas toujours obligatoire, mais il faut être précis : selon les marques/modèles, certains éléments sont plus difficiles à reconstituer correctement (et des papiers peuvent être falsifiés).

  • À demander : photo de l’ensemble, liste écrite des éléments fournis.
  • Signal d’alerte : “full set” annoncé mais éléments manquants ou incohérents (dates, pays, noms).

5) “Quel est l’état réel de la montre, et y a-t-il eu un polissage ou des retouches ?”

Le polissage peut être parfaitement acceptable… ou problématique s’il a arrondi les arêtes, modifié les finitions ou fait disparaître des détails.

  • À demander : macro-photos des arêtes, des flancs, des cornes, de la boucle, du verre, du cadran.
  • Signal d’alerte : photos “artistiques” floues, éclairage qui masque, refus de gros plans.

6) “Quand a eu lieu la dernière révision (service) et par qui ?”

Le point clé n’est pas “révisée ou pas”, mais traçable ou pas. Une facture de service, un rapport d’intervention, un test d’étanchéité… valent mieux qu’une simple affirmation.

  • À demander : justificatifs (atelier, centre agréé, date, nature des opérations).
  • À vérifier : cohérence entre “comme neuve” et traces d’usage, état du bracelet, précision annoncée.
  • Signal d’alerte : “révisée” sans aucun document et sans savoir ce qui a été fait.

7) “Quels tests ont été faits récemment (précision, réserve de marche, étanchéité) ?”

Un vendeur sérieux peut documenter des contrôles basiques. Et pour certains labels, il existe des référentiels reconnus :

  • COSC : organisme suisse de certification de chronomètres (créé en 1973), avec tests selon ISO 3159. (cosc.swiss)
  • METAS Master Chronometer : certification réalisée sur la montre (watch head) par un organisme indépendant, couvrant notamment étanchéité, performance chronométrique, résistance aux champs magnétiques et réserve de marche ; ouverte aux montres “Swiss Made” dont le mouvement est déjà certifié chronomètre (ISO 3159). (metas.ch)
  • Étanchéité : la norme ISO 22810:2010 définit exigences et méthodes d’essai pour les montres dites “water-resistant”. (iso.org)

Signal d’alerte : “étanche” affirmé pour une montre jamais testée récemment, surtout si elle a été ouverte/révisée ou si elle a pris des chocs.

8) “La montre a-t-elle des pièces remplacées (cadran, aiguilles, lunette, couronne, bracelet) ?”

Le remplacement de pièces peut être normal (usure, casse), mais il doit être déclaré. Sur des références recherchées, certaines substitutions changent radicalement l’intérêt horloger (et la cohérence historique).

  • À demander : liste des pièces remplacées, preuves (facture de service), conservation des pièces d’origine si disponibles.
  • Signal d’alerte : “tout est d’origine” mais indices visuels de mismatch (teinte de lume, typographies, reflets, finition différente).

9) “Pouvez-vous émettre une facture ou un contrat de vente clair, et quel paiement est accepté ?”

Sans parler de prix, parlez cadre : identité, date, description exacte, numéros, état, accessoires, conditions. Privilégiez des moyens de paiement traçables et évitez les montages qui vous laissent sans preuve.

  • À demander : document écrit (facture/contrat) incluant référence + numéros + liste des accessoires.
  • Signal d’alerte : refus de mettre quoi que ce soit par écrit, ou demande de “décrire autrement” le produit.

10) “Quelles sont les conditions de remise, d’expédition, d’assurance et de retour ?”

Le risque n’est pas seulement l’achat : c’est aussi l’après (transport, contestation, dommages). Clarifiez qui assure, comment, et ce qui se passe en cas de litige.

  • À demander : modalités d’emballage, transport assuré, délai, procédure en cas d’avarie, politique de retour (si professionnel).
  • Signal d’alerte : “je poste sans assurance” pour une montre de valeur, ou “pas de retour” sans cadre clair.

Récapitulatif : les 10 questions en un coup d’œil

Tableau de contrôle (questions, preuves, signaux d’alerte)

QuestionPreuves à demanderSignaux d’alerteRéférence & numérosPhotos nettes numéros + documents correspondantsRefus de communiquer, incohérencesMontre volée / perdue ?Preuve de propriété + vérification registre si possibleVendeur pressé, identité floueProvenance & historiqueFacture, chaîne de possession, date/paysHistoire changeanteFull set ?Photo de l’ensemble + liste des éléments“Full set” imprécisÉtat & polissageMacros arêtes/cornes/boucle/verrePhotos floues, angles évitésDernière révisionFacture/rapport atelier + date“Révisée” sans preuveTests (précision/étanchéité)Résultats, test étanchéité récent si nécessairePromesses non documentéesPièces remplacéesListe + factures + pièces d’origine si disponiblesDéni malgré indicesFacture / contratDocument écrit avec numéros + accessoiresRefus d’écritRemise, envoi, assurance, retourProcédure claire, envoi assuréExpédition non assurée, flou

Focus : repères fiables à citer quand vous achetez une montre suisse

  • Définition “Swiss Made” (horlogerie) : règles renforcées depuis 2017, notamment le seuil de 60% du coût de revient généré en Suisse pour la montre (produit fini). (ige.ch)
  • COSC : certification de chronomètres, fondée en 1973, laboratoires en Suisse ; tests basés sur ISO 3159. (cosc.swiss)
  • METAS Master Chronometer : certification sur la montre, incluant notamment résistance aux champs magnétiques, performance, réserve de marche, étanchéité ; exigences METAS N001. (metas.ch)
  • Étanchéité : ISO 22810:2010 précise exigences et méthodes d’essai pour les montres dites “water-resistant”. (iso.org)
  • Contrefaçon : estimation OCDE (2021) sur la valeur des fausses montres ciblant des marques suisses. (oecd.org)

Pourquoi passer par un professionnel (et ce que cela change concrètement)

Chez Dreyfuss Mayet, nous sommes une équipe à taille humaine fondée par Victor Dreyfuss et Camille Mayet, deux passionnés d’horlogerie, avec un siège en Suisse et des bureaux à Verbier, au service d’une clientèle internationale.

Notre priorité est simple : des garde-temps rigoureusement sélectionnés, une authenticité vérifiée, et une expérience discrète, réactive et personnalisée.

Si vous souhaitez acheter une montre suisse en toute confiance, vous pouvez :

FAQ – Acheter une montre suisse : questions fréquentes

Comment éviter d’acheter une montre suisse volée ?

Commencez par exiger une preuve de propriété (facture, historique cohérent, identité du vendeur) et refusez toute transaction “anonyme”. Ensuite, envisagez une vérification via une base dédiée : The Watch Register recommande de contrôler toute montre d’occasion, y compris celles vendues avec boîte et papiers, et indique qu’un tiers des montres volées qu’ils localisent seraient proposées avec ces éléments. (thewatchregister.com) Une montre “clean” doit aussi être cohérente : numéros, documents, état, et récit. En cas de doute, abstenez-vous.

Que signifie exactement “Swiss Made” sur une montre ?

“Swiss Made” est une indication de provenance encadrée. Depuis le renforcement des règles (entrée en vigueur au 1er janvier 2017), la montre, considérée comme produit fini, doit notamment atteindre un seuil de 60% de coût de revient généré en Suisse (avec des exigences spécifiques également pour le mouvement). (ige.ch) En pratique, c’est un repère utile, mais ce n’est pas une preuve d’authenticité à lui seul : cela ne remplace ni les contrôles des numéros, ni les vérifications d’historique, ni l’examen des pièces.

Faut-il absolument la boîte et les papiers pour acheter une montre suisse ?

Non, mais il faut savoir ce que vous achetez. Une montre sans set complet peut être parfaitement légitime (succession, perte d’accessoires, achat ancien), à condition d’avoir une provenance claire et des numéros cohérents. À l’inverse, la présence de boîte et papiers n’est pas une garantie absolue : des documents peuvent être falsifiés ou volés avec la montre. (thewatchregister.com) L’essentiel est de documenter la transaction (contrat/facture, identité du vendeur, description et numéros) et de privilégier une authentification sérieuse.

Quelle différence entre COSC et METAS “Master Chronometer” ?

Le COSC certifie la précision d’un mouvement selon des protocoles basés sur la norme ISO 3159, via des laboratoires en Suisse. (cosc.swiss) La certification METAS Master Chronometer, elle, est réalisée par un organisme indépendant sur la montre (watch head) et couvre plusieurs dimensions à la fois, notamment étanchéité, performance chronométrique, résistance aux champs magnétiques et réserve de marche ; elle est ouverte aux montres “Swiss Made” dont le mouvement est déjà certifié chronomètre (ISO 3159). (metas.ch)

“Water-resistant 30 m” : est-ce réellement étanche ?

Le marquage “water-resistant” renvoie à des exigences et méthodes d’essai définies par une norme internationale : l’ISO 22810:2010 encadre les tests et l’autorisation d’apposer certains marquages. (iso.org) En pratique, l’étanchéité dépend aussi de l’état des joints, des chocs, et des ouvertures (révisions). Avant toute exposition à l’eau (même piscine), demandez un test d’étanchéité récent si la montre n’est pas neuve ou si son historique n’est pas parfaitement documenté.

Et maintenant ?

Si vous souhaitez acheter une montre suisse avec un accompagnement discret et rigoureux (sélection, vérifications, et recherche de modèles spécifiques via notre réseau), explorez notre univers sur le catalogue ou contactez-nous via notre site. Notre rôle : vous aider à poser les bonnes questions… et à obtenir les bonnes réponses.