Une montre de luxe d’occasion peut être une excellente idée… à condition de vérifier les bons points.
Que vous cherchiez une pièce moderne, néo-vintage ou vintage, l’intention est la même : sécuriser l’achat (authenticité, provenance, état réel, cohérence des documents) et éviter les scénarios classiques (contrefaçon, montre volée, pièces remplacées, étanchéité illusoire, “full set” incohérent). Cette checklist a été conçue comme un guide terrain, simple à suivre, pour réduire les risques à chaque étape.
Pourquoi l’achat d’une montre de luxe d’occasion comporte (vraiment) des risques
Le marché attire les collectionneurs… et les fraudeurs
La demande de seconde main progresse nettement, notamment chez les jeunes acheteurs : dans la Deloitte Swiss Watch Industry Study 2025, 40% de la Gen Z interrogée déclare avoir l’intention d’acheter une montre d’occasion dans les 12 mois. (deloitte.com)
En parallèle, la contrefaçon reste massive. L’OCDE estime qu’en 2021, la valeur des fausses montres portant atteinte à des marques suisses a atteint 1,88 milliard USD (plus de 40% de la valeur totale des contrefaçons visant la propriété intellectuelle suisse), soit 7,7% de la valeur des exportations légitimes de montres suisses cette année-là. (oecd.org)
Internet amplifie le problème (annonces, “bons plans”, faux papiers)
La Fédération de l’industrie horlogère suisse (FH) rappelle que des dizaines de millions de fausses montres sont mises en vente chaque année, alors que l’industrie produit environ 30 millions de montres originales, et souligne le rôle d’Internet dans cette diffusion. (fhs.swiss)
Attention : “étanche” ne veut pas dire “prête à nager”
L’étanchéité est l’un des pièges les plus fréquents en occasion : joints vieillissants, couronne mal vissée, poussoirs fragiles, micro-chocs… Pour situer le cadre, la norme ISO 22810:2010 définit des exigences et des méthodes d’essai pour les montres dites “water-resistant”. (iso.org)
Et pour les plongeuses, la norme ISO 6425:2018 concerne des montres conçues pour la plongée (au moins 100 m, avec exigences et tests dédiés). (iso.org)
La checklist anti-risques : le plan de contrôle en 3 temps
Règle d’or : en montre de luxe d’occasion, ce qui “rassure” (boîte, carte, facture) doit toujours être cohérent avec la montre elle-même. Un seul détail incohérent mérite un arrêt et une vérification.
Vue d’ensemble (à copier-coller)
- Avant la rencontre / l’achat : vendeur, photos, numéros, historique, documents.
- Inspection de la montre : cohérence, état, fonctions, signes d’intervention, correspondances.
- Sécurisation : traçabilité, preuve de vente, paiement, transport, contrôles post-achat.
1) Avant d’acheter : sécuriser le contexte (vendeur, annonce, cohérence)
Vérifier la crédibilité du vendeur (sans vous contenter d’avis)
- Identité claire : nom, coordonnées, et une logique d’historique (collection, achat initial, raison de vente).
- Provenance racontée et documentée : une histoire vague (“on me l’a offerte”) n’est pas forcément suspecte, mais doit être compensée par des preuves.
- Refus de transparence (photos nettes, n° visibles, facture, etc.) : c’est un signal d’alerte majeur.
- Pression temporelle (“plusieurs acheteurs”, “dépêchez-vous”) : classique dans les arnaques.
Exiger un pack de photos “utile” (pas seulement esthétique)
Demandez des photos/vidéos en lumière naturelle, nettes, non retouchées, incluant :
- Face (cadran), profil, fond, cornes, boucle/déployante, couronne, tranche.
- Macro sur les marquages, gravures, et zones d’usure (coins, arêtes, bracelet).
- Fonctions en action : date qui change, chrono qui démarre/stop/reset, rotation de lunette, remontage.
- Photos des documents (recto/verso), et de la boîte/écrin si présents.
Contrôler l’existence des numéros et leur logique
Sans entrer dans des recettes de contournement (les fraudeurs lisent aussi les guides), retenez ceci : une montre sérieuse a une identité (référence, numéros, marquages) et cette identité doit être cohérente avec les papiers, l’époque et la configuration.
Si possible : vérifier le risque de vol avant transaction
Pour réduire le risque d’acheter une montre volée, certains acteurs proposent des contrôles par numéro de série sur base internationale. Par exemple, The Watch Register indique recommander de rechercher toute montre de luxe d’occasion dans sa base avant transaction et délivrer un certificat en cas de résultat “clair” (avec la limite importante qu’un “no match” n’exclut pas un vol non déclaré). (thewatchplatform.com)
2) Inspection de la montre : authenticité, cohérence et état réel
Commencer par la cohérence globale (le “test du bon sens”)
- Alignements : index, réhaut, date, aiguilles (rien ne doit sembler “de travers”).
- Homogénéité : patine cohérente (cadran, aiguilles, insert de lunette, bracelet).
- Finitions : gravures nettes, polissages propres, brossés réguliers (un polissage excessif “mange” les arêtes).
Repérer les signes d’interventions passées (pas toujours un problème, mais à comprendre)
En occasion, une montre peut avoir :
- été polie (plus ou moins),
- reçu des pièces de service (aiguilles, couronne, lunette, bracelet),
- été révisée (facture/trace utile),
- subi un choc (marques, dérive de marche, problèmes de fonctions).
L’objectif n’est pas de chercher une “montre parfaite”, mais d’identifier ce qui a été fait, si c’est cohérent et si c’est documenté.
Tester les fonctions (ce que vous pouvez vérifier immédiatement)
- Remontage : sensation régulière, pas de points durs anormaux.
- Mise à l’heure : couronne stable, pas de jeu excessif.
- Date : passage propre (et attention aux périodes “interdites” sur certaines montres si vous ne maîtrisez pas).
- Chronographe (si présent) : démarrage/arrêt/reset francs, remise à zéro alignée.
- Bracelet : usure des maillons, jeu, état des vis/goupilles, fermoir ferme.
Étanchéité : ce qu’il faut retenir (et ce qu’il faut demander)
Une mention “water-resistant” ou une profondeur indiquée sur le cadran/le fond ne garantit pas l’étanchéité actuelle. Les normes donnent un cadre (ISO 22810 pour “water-resistant”, ISO 6425 pour plongeuses), mais en occasion, l’état des joints et de la couronne est déterminant. (iso.org)
Bon réflexe : demander un test d’étanchéité récent (preuve datée) ou prévoir de le faire avant toute exposition à l’eau.
COSC, “chronomètre”, certificats : ne pas surinterpréter
Le COSC est un organisme reconnu qui attribue le titre de “chronomètre” selon un protocole de test. (cosc.swiss)
En pratique : un certificat (ou une mention) est un élément positif, mais ne remplace pas une vérification de cohérence, d’état, et un contrôle de provenance.
3) Les documents : ce qu’ils prouvent… et ce qu’ils ne prouvent pas
Tableau de contrôle : documents & signaux d’alerte
ÉlémentÀ quoi ça sertSignaux d’alerte fréquentsBon réflexeCarte de garantie / certificatTrace d’origine (date, pays, revendeur), parfois n°Dates incohérentes, infos “génériques”, qualité d’impression douteuseComparer strictement avec référence/configuration de la montreFacture d’achatProvenance + chaîne de détentionNom masqué sans raison, vendeur introuvable, pas de détails modèle/référenceDemander une preuve de correspondance (n°/référence/description)Historique de serviceÉtat mécanique et entretien suiviAucun document sur une pièce censée avoir été “révisée récemment”Privilégier une preuve datée (facture/rapport)Boîte / écrinConfort + aspect collection (selon modèles)Boîte d’un autre modèle/époque, état trop “neuf” vs montre très portéeVérifier la cohérence (marquages, style, période)Maillons / bracelet supplémentaireAjustement et complétudeMaillons manquants annoncés “disponibles” mais jamais livrésLes compter et les voir physiquement
“Full set” : utile, mais pas une assurance anti-fraude
Des faux papiers existent, et même une boîte authentique peut circuler séparément. À ce sujet, The Watch Register indique qu’une part significative de montres volées est proposée avec boîte et papiers, et recommande malgré tout le contrôle par numéro. (thewatchregister.com)
Archives et extraits : un outil intéressant (selon les marques)
Pour certaines manufactures, il existe des services d’archives permettant d’obtenir des informations à partir des registres de la marque. Par exemple, Patek Philippe décrit l’Extract from the Archives comme un document fournissant des informations issues de ses archives (caractéristiques clés, historique de fabrication, date de vente), sous conditions d’éligibilité. (patek.com)
À retenir : c’est un complément utile pour la cohérence historique, mais cela ne remplace pas un contrôle d’état, ni une vérification de provenance.
Les 7 “red flags” qui doivent vous faire stopper net
- Numéro de série refusé (ou “je préfère pas le donner”).
- Photos floues ou toujours à distance, jamais de macro sur les zones clés.
- Incohérences entre la montre et les papiers (référence, configuration, année supposée).
- Vendeur pressant ou refus d’une rencontre/inspection sérieuse.
- Historique trop parfait mais sans preuves (service “récent” sans facture, par exemple).
- Montre présentée comme étanche sans test ni preuve, malgré un âge ou un usage évident.
- Transaction “hors trace” (pas de facture/contrat, pas d’identité vérifiable).
Sécuriser la transaction : traçabilité, conformité, transport
Établir une preuve de vente (simple, mais indispensable)
Visez une trace écrite qui inclut : identité des parties, date, description complète (marque, référence, numéro, accessoires), déclaration de propriété, et conditions de vente. C’est basique, mais c’est ce qui protège en cas de litige.
Contrefaçon : un rappel légal utile
La FH rappelle qu’en Suisse (comme dans de nombreux pays), l’importation d’une montre contrefaite est interdite, même pour une pièce unique achetée de bonne foi à des fins privées. (fhs.swiss)
Transport : privilégier le “moins d’imprévus possible”
- Remise en main propre dans un lieu adapté (calme, sûr), quand c’est possible.
- Expédition assurée et traçable si envoi : emballage discret, preuves de dépôt, photos avant fermeture.
- Contrôle à réception : filmer l’ouverture du colis (utile en cas de contestation).
Après l’achat : les 3 vérifications qui évitent les mauvaises surprises
1) Test d’étanchéité avant tout contact avec l’eau
Même si la montre “a l’air” en bon état, l’étanchéité se mesure. Les normes (ISO 22810 / ISO 6425) encadrent les exigences, mais votre montre d’occasion dépend de son état réel (joints, couronne, vieillissement). (iso.org)
2) Contrôle de cohérence par un professionnel (si le moindre doute)
Un contrôle sérieux porte sur l’externe (cadran/aiguilles/boîtier/bracelet), mais aussi sur la cohérence globale (pièces, finitions, traces d’ouverture, etc.). C’est souvent ce qui fait la différence entre une “bonne affaire” et un problème qui coûte du temps et de la sérénité.
3) Conserver un dossier (photos, documents, échanges)
Gardez vos preuves : photos datées, copie des documents, preuve de paiement, preuve de vente. Pour une montre de luxe d’occasion, la traçabilité n’est pas un luxe : c’est une protection.
Quelques repères chiffrés (pour comprendre le contexte, sans parler de prix)
- Les exportations horlogères suisses ont atteint 26,7 milliards CHF en 2023. (fhs.swiss)
- Elles ont totalisé 26,0 milliards CHF en 2024 (en baisse de 2,8% vs 2023). (fhs.swiss)
- En 2024, les autorités de l’UE ont détenu environ 112 millions de biens contrefaits (valeur estimée 3,8 milliards €), selon la Commission européenne et l’EUIPO (publication du 1er octobre 2025). (taxation-customs.ec.europa.eu)
- En 2021, la valeur estimée des fausses montres portant atteinte à des marques suisses était de 1,88 milliard USD (OCDE). (oecd.org)
Dreyfuss Mayet : une approche orientée sérénité et discrétion
Chez Dreyfuss Mayet, fondé par Victor Dreyfuss et Camille Mayet, nous nous spécialisons dans l’achat, la vente et le courtage de montres de luxe neuves ou presque neuves, avec une approche sur mesure, discrète et réactive depuis la Suisse (siège en Suisse, bureaux à Verbier) et à l’international.
Si vous souhaitez explorer des pièces disponibles, vous pouvez consulter notre sélection de montres. Pour mieux comprendre notre ADN et notre méthode de travail, vous pouvez aussi découvrir notre histoire. Enfin, si vous envisagez plutôt une cession, voici la page vendre votre montre. Et pour revenir au point de départ, voici le site Dreyfuss Mayet.
FAQ – Montre luxe occasion : questions fréquentes
Comment éviter d’acheter une fausse montre de luxe d’occasion en ligne ?
Évitez les annonces qui refusent les macros utiles (gravures, couronne, boucle, rehaut, fond). Exigez une cohérence totale entre la montre et les documents (référence, configuration, période). Demandez le numéro de série et, si possible, effectuez une vérification de risque (par exemple via une base dédiée au vol, en gardant en tête qu’un résultat “clair” n’exclut pas un vol non déclaré). Enfin, privilégiez une transaction traçable (preuve de vente, identité vérifiable) et prévoyez un contrôle professionnel si le moindre détail ne “colle” pas.
Boîte et papiers : est-ce indispensable pour une montre luxe occasion ?
Non, ce n’est pas indispensable, mais c’est utile. Boîte, carte de garantie, facture et historique de service renforcent la traçabilité et facilitent la revente, surtout sur certains modèles. En revanche, ce n’est pas une assurance anti-fraude : des faux papiers existent, et des éléments authentiques peuvent circuler séparément. Le bon raisonnement est : “full set” = plus d’indices à vérifier, pas “zéro risque”. Concentrez-vous sur la cohérence globale et la capacité du vendeur à expliquer et prouver l’historique.
Que vérifier en priorité lors d’une rencontre en main propre ?
Allez du général au spécifique : cohérence globale (alignements, finitions), état du boîtier et du bracelet (polissage excessif, jeu, arêtes), puis fonctions (remontage, mise à l’heure, date, chrono). Contrôlez la cohérence entre la montre et les papiers (référence, configuration). Si la montre est annoncée “étanche”, demandez un test daté : en occasion, l’étanchéité dépend surtout de l’état des joints et de la couronne, pas uniquement de ce qui est gravé.
Comment réduire le risque d’acheter une montre volée ?
Demandez une preuve de propriété et une preuve de vente, vérifiez l’identité du vendeur, et documentez la transaction (contrat, paiement traçable). Lorsque c’est possible, effectuez aussi une vérification via une base spécialisée sur les montres perdues/volées. Gardez toutefois une nuance importante : aucune base ne peut garantir à 100% qu’une montre n’a pas été volée si le vol n’a pas été déclaré ou partagé. D’où l’importance de combiner contrôle de provenance, cohérence des documents et traçabilité de la transaction.
Et maintenant ?
Si votre objectif est de trouver une montre de luxe d’occasion avec un maximum de sérénité, le plus simple est d’avancer avec une méthode claire (celle de la checklist) et des interlocuteurs fiables. Vous pouvez découvrir notre univers et nos pièces disponibles directement sur notre site, via le catalogue, ou en apprendre davantage sur notre approche via notre histoire. Et si vous êtes plutôt dans une logique de vente, notre page vendre sa montre vous guide sur les étapes.


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