Montre suisse automatique : comment remonter et régler sans risque

Remonter et régler une montre suisse automatique ne s’improvise pas.

Un mauvais geste (souvent anodin en apparence) peut suffire à dérégler un quantième, fragiliser une tige de remontoir ou compromettre l’étanchéité. Dans ce guide, vous trouverez une méthode simple, sûre et reproductible pour remonter et régler un mouvement automatique, sans stress — que votre montre soit récente, quasi neuve ou plus ancienne.

Chez Dreyfuss Mayet, fondé par Victor Dreyfuss et Camille Mayet, nous accompagnons au quotidien des clients en Suisse (Verbier, Genève…) et à l’international sur des montres mécaniques haut de gamme. L’objectif ici : vous donner des réflexes d’horloger, clairs et utilisables, sans jargon inutile.

Pour découvrir notre univers, vous pouvez commencer par la page d’accueil Dreyfuss Mayet, parcourir le catalogue ou en savoir plus sur notre histoire.

Comprendre votre montre suisse automatique (en 90 secondes)

Automatique ≠ “jamais à remonter”

Une montre automatique est une montre mécanique dont le ressort moteur se recharge grâce à une masse oscillante (le rotor) qui bouge avec vos mouvements. Mais si la montre n’a pas été portée et que la réserve de marche est vide, il faut généralement la relancer : soit en la remontant à la couronne (si le calibre le permet), soit par mouvement (plus lent et moins précis).

Ce que vous “sentez” dans la couronne

La couronne transmet vos actions au mouvement via la tige de remontoir. Selon la position :

  • Position 0 : couronne au repos (et sur certaines montres, vissée).
  • Position 1 : réglage rapide du quantième (date / parfois jour) ou remontage sur certains modèles.
  • Position 2 : réglage de l’heure (souvent avec arrêt de la seconde sur les mouvements “hacking”, mais pas toujours).

Comme ces architectures varient (date simple, day-date, GMT à heure sautante, quantième annuel…), la règle d’or reste : si un réglage force, on s’arrête.

Avant de toucher la couronne : les 5 réflexes qui évitent 90% des problèmes

1) Retirez la montre du poignet

Remonter et régler hors du poignet réduit les contraintes latérales sur la tige de remontoir (le risque : “plier” la tige en manipulant en biais).

2) Identifiez la couronne vissée (ou non)

Si votre montre a une couronne vissée, dévissez-la délicatement (sans tirer) jusqu’à sentir qu’elle est libre. Une fois vos réglages terminés, revissez-la correctement : l’étanchéité n’est généralement assurée que couronne bien refermée.

3) Évitez les réglages au bord de l’eau

Une montre peut être annoncée étanche, mais une couronne manipulée avec humidité ambiante, vapeur (salle de bain) ou embruns augmente les risques d’infiltration. Manipulez au sec, sur une surface stable.

4) Si la montre est arrêtée : commencez par lui donner de l’énergie

Sur de nombreux calibres modernes, un remontage manuel existe même sur une automatique. Par exemple, Rolex indique qu’un minimum de 25 tours peut être nécessaire pour un remontage partiel suffisant avant mise au poignet. (rolex.com)

5) Ne cherchez pas la “force” : cherchez la “fluidité”

Une couronne doit tourner avec une résistance régulière. Si vous sentez une sensation anormale (accrocs, grattage, blocage, dureté soudaine), stoppez : une intervention simple maintenant évite parfois un problème plus coûteux plus tard.

Comment remonter une montre suisse automatique (méthode sûre)

Étape 1 : mettez la couronne en position de remontage

Sur une couronne vissée : dévissez jusqu’à la position “libre” (sans tirer). Sur une couronne non vissée : restez en position 0.

Étape 2 : remontez lentement, toujours dans le bon sens

Tournez la couronne dans le sens de remontage (souvent horaire). Sur certains mouvements, tourner dans l’autre sens “ne fait rien” ; dans tous les cas, privilégiez un geste doux, constant.

Exemples concrets de recommandations constructeur :

  • Rolex : indique un minimum de 25 tours pour un remontage partiel suffisant avant de porter la montre. (rolex.com)
  • Longines : recommande de remonter manuellement une automatique d’environ 20 tours (et de répéter si elle s’est arrêtée). (longines.com)

En pratique, sur une montre arrêtée, visez d’abord 20 à 30 tours (selon marque/modèle), puis passez aux réglages. Le but n’est pas de “compter au tour près”, mais de garantir un couple suffisant pour que la montre reste stable pendant que vous réglez date et heure.

Étape 3 : “peut-on sur-remonter” une automatique ?

Sur beaucoup d’automatiques contemporaines, un système de bride glissante limite le risque de sur-tension : certains manuels indiquent que continuer à tourner une fois le ressort pleinement armé ne casse pas le ressort moteur. Par exemple, Seiko précise que, une fois la montre pleinement remontée, “tourner la couronne davantage ne cassera pas le ressort”. (seikowatches.com)

Nuance importante : même si une protection existe, cela ne justifie pas de forcer. Sur une montre vintage ou un mouvement fatigué (lubrification ancienne), le risque vient souvent d’ailleurs : pignons, renvois, tige/couronne, joints.

Comment régler l’heure sans risque (et sans dérégler le calendrier)

Étape 1 : repérez AM/PM (le point qui fait rater la date)

Le piège le plus fréquent : régler “13h” alors que la montre est en réalité en cycle “1h du matin”. Résultat : la date change à midi au lieu de minuit.

Méthode simple et fiable : faites avancer les aiguilles jusqu’au changement de date. Vous venez de passer minuit, vous êtes donc en période “AM”. Cette approche est décrite dans des instructions constructeur (ex. Seiko) : avancer les aiguilles jusqu’à ce que la date passe au jour suivant, puis régler l’heure correcte. (seikowatches.com)

Étape 2 : réglez l’heure (idéalement en avançant)

Dans le doute, avancez l’heure plutôt que de faire de grands allers-retours. Certains mouvements tolèrent le recul, d’autres beaucoup moins (selon l’architecture du train de rouage et du mécanisme de quantième).

  • Si votre montre a un stop seconde (hacking), vous pouvez synchroniser précisément sur une référence fiable.
  • Si elle n’en a pas, réglez au plus proche (c’est normal), puis laissez-la se stabiliser au poignet.

Étape 3 : refermez la couronne correctement

Sur une couronne vissée, revissez sans brutalité : pressez légèrement la couronne vers le boîtier, engagez le filetage, puis serrez “au contact” (ferme, mais sans excès). Longines rappelle d’ailleurs l’importance de bien revisser une couronne vissée pour éviter l’entrée d’humidité. (longines.com)

Le point critique : régler la date (quantième) sans casser le mécanisme

La “zone dangereuse” : pourquoi elle existe

Sur beaucoup de montres, le mécanisme de changement de date commence à s’engager quelques heures avant minuit. Si vous utilisez le réglage rapide pendant que les composants sont déjà en prise, vous pouvez provoquer un décalage, un saut incomplet, voire endommager des pièces fines (leviers, dents de disque de date).

Des manuels constructeur l’expriment clairement. Par exemple, Seiko indique de ne pas régler la date (ou date/jour) dans certaines plages nocturnes, typiquement entre 21:00 et 01:00 sur certains calibres, ou entre 21:00 et 04:00 sur des day-date. (seikowatches.com)

La méthode universelle (même si vous ne connaissez pas le calibre)

  1. Placez les aiguilles vers 6h30 (heure “sûre”, loin de minuit).
  2. Passez en position de réglage de date (souvent 1er cran).
  3. Réglez la date (et le jour si présent) sans forcer.
  4. Revenez en réglage d’heure (2e cran), puis mettez l’heure exacte en respectant AM/PM.
  5. Refermez (et revissez si besoin) la couronne.

Si votre montre a un réglage “particulier” (par exemple une GMT à heure sautante, un quantième annuel, une grande date), cette méthode reste un bon point de départ, mais la consigne la plus sûre demeure : consulter la notice du modèle.

Si votre montre n’a pas de réglage rapide de date

Certaines montres (souvent anciennes) imposent de faire avancer l’heure sur 24h pour faire changer la date, puis de répéter. Dans ce cas :

  • Remontez d’abord suffisamment la montre (pour éviter qu’elle s’arrête pendant la manipulation).
  • Faites avancer les aiguilles jusqu’à atteindre la date souhaitée.
  • Réglez l’heure finale.

Tableau pratique : gestes sûrs vs erreurs fréquentes

Récapitulatif des actions recommandées

SituationCe qu’il faut faireCe qu’il vaut mieux éviterPourquoiMontre arrêtée depuis plusieurs joursRemonter à la couronne (ex. 20–25 tours selon marque), puis réglerRégler directement la date/heure sans énergieStabilité du mouvement pendant les réglages (amplitude) et moins de manipulationsRéglage de la dateMettre les aiguilles vers 6h30, puis utiliser le réglage rapideRégler la date entre ~21h et ~1/4h (selon modèles)Éviter la zone où le mécanisme de quantième est engagé (seikowatches.com)Couronne visséeDévisser / régler / revisser “au contact”Laisser la couronne dévissée au quotidienRéduit le risque d’humidité et protège l’étanchéité (longines.com)Synchronisation préciseSi stop seconde : caler sur une référence fiableForcer un réglage trop rapidePréserve la mécanique et améliore la précision “utile” au quotidien

Bonnes pratiques d’entretien au quotidien (sans parler “prix”)

À quelle fréquence faire réviser une montre automatique ?

Il n’existe pas une périodicité universelle : cela dépend du modèle, des chocs, de l’humidité, du climat et de l’usage. À titre d’exemple, Longines indique qu’en règle générale une montre devrait être révisée tous les 6 à 8 ans (selon conditions). (longines.com)

Le bon réflexe : ne pas attendre “la panne totale”. Une baisse marquée de réserve de marche, des écarts soudains de marche, ou de la condensation sous le verre justifient un contrôle.

Attention aux champs magnétiques

La magnétisation est une cause fréquente d’avance importante (parfois plusieurs minutes/jour), surtout avec les aimants du quotidien (enceintes, sacs à fermeture magnétique, supports de téléphone, etc.). Longines recommande par exemple d’éviter de poser la montre sur des appareils générant des champs magnétiques (haut-parleurs, réfrigérateur). (longines.com)

Un repère “qualité” souvent mal compris : chronomètre

“Chronomètre” ne signifie pas “chronographe”. Le terme renvoie à un standard de précision. Le COSC explique que la certification s’appuie sur la norme ISO 3159, avec des tests sur plusieurs jours, positions et températures. (old.cosc.swiss)

Conseil simple : même sans certification, une montre mécanique peut être excellente. L’important est la cohérence de marche, l’usage, et l’entretien adapté.

Pourquoi “montre suisse” rime aussi avec exigence (quelques repères chiffrés)

L’horlogerie suisse reste un secteur d’excellence et un marché très suivi. Selon la Fédération de l’industrie horlogère suisse (FH), les exportations horlogères suisses 2024 ont totalisé 26,0 milliards de francs (en valeur), avec une baisse par rapport à 2023. (fhs.swiss)

Ces chiffres ne vous aident pas à régler votre couronne, mais ils donnent un contexte : une montre suisse automatique n’est pas un simple “accessoire”, c’est un objet mécanique de précision — qui mérite des gestes précis.

FAQ — Montre suisse automatique : questions fréquentes

Combien de tours faut-il pour remonter une montre automatique arrêtée ?

Il n’existe pas un nombre universel, car cela dépend du calibre et de l’état de réserve de marche. En pratique, beaucoup de marques recommandent un “remontage de relance” : par exemple Rolex indique qu’un minimum de 25 tours est nécessaire pour un remontage partiel suffisant avant de porter la montre, et Longines recommande environ 20 tours pour une automatique afin d’assurer une réserve suffisante dès le départ. (rolex.com)

Peut-on régler la date le soir ou la nuit ?

La prudence est de mise : sur de nombreux mouvements, le mécanisme de changement de date s’engage autour de minuit. Plusieurs notices indiquent explicitement d’éviter le réglage de date (ou date/jour) pendant une plage nocturne — par exemple Seiko mentionne des fenêtres typiques comme 21:00–01:00 ou 21:00–04:00 selon les calibres. (seikowatches.com)

La méthode la plus sûre, si vous ne connaissez pas la “zone” exacte de votre montre : placez d’abord les aiguilles vers 6h30, puis réglez la date.

Ma montre change la date à midi : est-ce grave ?

Ce n’est généralement pas “cassé” : c’est souvent un réglage AM/PM incorrect. Pour corriger, avancez l’heure jusqu’à voir la date changer : ce moment correspond au passage de minuit. Ensuite, continuez à avancer jusqu’à l’heure correcte (en tenant compte du matin/soir). Cette logique est décrite dans des instructions constructeur (par exemple, faire avancer jusqu’au changement de date, puis régler l’heure). (seikowatches.com)

Si la date ne change plus du tout ou change de façon erratique, en revanche, un contrôle horloger est recommandé.

Faut-il utiliser une boîte remontoir (watch winder) ?

Ce n’est pas indispensable pour la majorité des usages. Une montre automatique est conçue pour fonctionner au poignet et s’arrêter si elle n’est pas portée : ce n’est pas un problème en soi. Une boîte remontoir peut être utile pour des montres à complications “longues” à régler (calendriers, phases de lune), mais elle n’est pas une obligation “d’entretien”. Si vous en utilisez une, assurez-vous que les réglages (sens de rotation, nombre de tours/jour) sont adaptés au mouvement, afin d’éviter un remontage inutilement constant.

Et maintenant ?

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