La qualité se voit dans les détails.
Si vous cherchez à évaluer des montres suisses (neuves ou presque neuves), la bonne approche n’est pas de se fier à un seul indice, mais de croiser plusieurs éléments : mouvement, finitions, cadran, étanchéité, bracelet, documentation, etc. Dans cet article, vous trouverez 7 détails concrets à observer, avec des repères simples et des références utiles.
Pourquoi être exigeant ? Parce que l’horlogerie helvétique pèse lourd : selon la Fédération de l’industrie horlogère suisse (FH), les exportations horlogères ont atteint 26,0 milliards CHF en 2024, et 25,6 milliards CHF en 2025 (année de repli), avec 14,6 millions de montres exportées en 2025. (fhs.swiss)
À retenir : une belle montre peut impressionner au premier regard, mais une montre de qualité se reconnaît surtout à sa cohérence technique (conception, exécution, contrôles) et à sa durabilité (résistance, entretien, traçabilité).
Avant tout : que garantit vraiment la mention « Swiss Made » ?
La mention « Swiss Made » n’est pas un slogan libre : elle est encadrée. Pour une montre, l’ordonnance de branche renforcée implique notamment qu’une montre réponde à des conditions (mouvement suisse, emboîtage en Suisse, contrôle final en Suisse) et qu’un minimum de 60% du coût de revient soit généré en Suisse. Cette version renforcée est entrée en vigueur le 1er janvier 2017. (fhs.swiss)
C’est une base utile… mais cela ne suffit pas à juger :
- le niveau de finition (industriel vs haute horlogerie),
- la rigueur des contrôles (certifications, tolérances, tests en conditions réelles),
- la qualité d’exécution sur le boîtier, le cadran, le bracelet,
- la cohérence globale du garde-temps (et sa facilité d’entretien).
Les 7 détails qui révèlent la qualité d’une montre suisse
1) Le mouvement : architecture, régularité et qualité d’exécution
Le mouvement est le cœur de la montre. Au-delà de “automatique” ou “manuel”, une montre suisse de qualité se repère souvent à :
- la propreté de l’usinage (ponts, platine, perçages nets),
- la qualité des finitions : perlage, côtes, anglage (chanfreins), vis bien polies,
- la cohérence technique : fréquence, stabilité, réglage, système antichoc, remontage efficace,
- la facilité de maintenance : construction rationnelle, accès aux organes clés, disponibilité de pièces (selon marques et calibres).
Astuce simple : si vous pouvez observer le mouvement (fond transparent), cherchez des finitions régulières et des arêtes nettes. Des décorations “grossières” ou irrégulières ne signifient pas forcément une mauvaise montre, mais elles indiquent souvent un niveau de gamme plus industriel.
2) Les tests de précision : COSC (ISO 3159) et ce que cela implique
La précision ne se résume pas à “elle avance / elle retarde”. Les certifications donnent un cadre. Le COSC (Contrôle Officiel Suisse des Chronomètres) indique que le mouvement respecte des critères basés sur la norme ISO 3159, avec des tests en laboratoire sur plusieurs jours, dans différentes positions et températures. (cosc.swiss)
Repère concret : le COSC indique notamment une tolérance de précision (souvent citée) de -4 à +6 secondes par jour pour un chronomètre mécanique certifié. (cosc.swiss)
Ce que cela révèle :
- une régularité mesurée selon un protocole standardisé,
- une traçabilité (numérotation, certificat selon les marques),
- une exigence supérieure à un simple “réglage” interne non documenté.
3) Les certifications “montre complète” : résistance au magnétisme, réserve de marche, étanchéité
Une montre peut être très bien réglée sur un banc… et moins stable au poignet (chocs, magnétisme, variations de position). Certaines certifications s’intéressent à la montre terminée.
Exemple notable : la certification MASTER CHRONOMETER de METAS (Institut fédéral de métrologie), qui couvre notamment l’étanchéité, la performance chronométrique, la résistance aux champs magnétiques et la réserve de marche. (metas.ch)
Dans les exigences techniques METAS (document METAS-N001, version 1.2, daté du 07.11.2024), on retrouve par exemple :
- une résistance aux champs magnétiques de 1,5 T (15 000 G),
- une exigence d’avance uniquement sur la précision moyenne journalière, avec des seuils selon catégories (par ex. 0 ≤ PJ̄ ≤ 5 s/j pour une catégorie). (metas.ch)
Ce que cela révèle : une recherche de robustesse en conditions proches du réel, au-delà du seul mouvement nu.
4) L’étanchéité : pas juste une mention, mais un protocole et des limites d’usage
L’étanchéité est un excellent révélateur de sérieux industriel : conception de la boîte, qualité des joints, couronne, fond, poussoirs, et contrôle final.
Côté normes, deux références reviennent souvent :
- ISO 22810 : montres “water-resistant” destinées à un usage courant (dont la natation, selon les cas),
- ISO 6425 : montres de plongée, avec exigences et méthodes de tests spécifiques (notamment pour des profondeurs d’au moins 100 m). (iso.org)
Point important : une indication “30 m / 50 m / 100 m” ne se lit pas comme une profondeur “garantie” pour toutes les activités. La qualité se voit aussi dans la clarté des consignes d’usage et la rigueur des tests en sortie d’atelier.
5) Le boîtier et ses finitions : précision des arêtes, alternance des surfaces, symétrie
Sur une montre suisse hautement qualitative, le boîtier n’est pas seulement “joli” : il est précis. Regardez :
- l’alignement des surfaces polies et satinées (transition nette, sans “bavure”),
- la symétrie des cornes (même courbe, mêmes épaisseurs visuelles),
- la qualité des chanfreins (anglage régulier, pas “mangé” par un polissage approximatif),
- la couronne : engagement franc, filetage propre (si vissée), manipulation sans jeu excessif.
Red flag fréquent sur une montre ayant beaucoup vécu : des arêtes “arrondies” et des volumes déformés peuvent indiquer des polissages répétés. Ce n’est pas toujours grave, mais cela impacte l’intégrité esthétique et parfois la valeur patrimoniale.
6) Le cadran et les aiguilles : lisibilité, précision d’impression, luminescence
Le cadran est la partie la plus “visible” au quotidien : c’est aussi là que les défauts de fabrication sautent aux yeux. Vérifiez :
- la netteté des impressions (index, minuterie, logo),
- l’alignement (minuterie régulière, guichet de date centré),
- la qualité des appliques (index bien posés, sans coulure de colle),
- la cohérence des aiguilles (longueurs adaptées, contrepoids, pas de frottement).
Pour la matière luminescente, beaucoup de marques utilisent des pigments de type Swiss Super-LumiNova®. Le fabricant RC Tritec rappelle que ces pigments visent une lisibilité optimale en faible luminosité (aiguilles, index) et évoluent avec de nouveaux grades (ex. annonce 2025 : amélioration de performance pouvant aller jusqu’à 87% après 60 minutes, selon colorations, sur un grade). Source RC Tritec. (rctritec.com)
7) La documentation et la traçabilité : cohérence des numéros, certificats, historique
Sur des montres de luxe, la qualité se juge aussi à la traçabilité. À contrôler :
- numéro de série et cohérence avec la période / la référence (selon la marque),
- certificats (ex. chronomètre, selon modèles et politiques de marque),
- écrin d’origine et documents (quand disponibles),
- historique d’entretien (factures, rapports, dates, nature des interventions).
Plus la montre est exclusive, plus la documentation peut compter pour la sérénité d’achat — et pour la compréhension de l’état réel de la pièce.
Tableau pratique : marquages & normes qui aident à lire la qualité
Indication / certificationCe que cela couvre (en pratique)Ce que vous pouvez vérifierSwiss MadeCritères légaux (mouvement suisse, emboîtage & contrôle final en Suisse, et minimum de valeur générée en Suisse).Cohérence globale, documents, et compréhension de ce que le label implique (sans conclure au niveau de finition).COSC (ISO 3159)Tests de précision selon protocole (positions / températures) et critères de marche (chronomètre).Présence d’un certificat selon politique de marque; mention “chronometer/chronomètre” sur cadran ou documentation.METAS MASTER CHRONOMETERMontre complète : magnétisme, performance chronométrique, étanchéité, réserve de marche (exigences formalisées).Carte / documentation associée selon marques; compréhension des seuils (ex. exigences 0 à +5 s/j selon catégories).ISO 22810Exigences et méthodes de test pour montres “water-resistant” (usage courant).Mentions d’étanchéité, et prudence d’usage; cohérence entre design (couronne, poussoirs) et promesse.ISO 6425Exigences de tests et marquage pour montres de plongée (au moins 100 m, lisibilité dans l’obscurité, etc.).Mentions “Diver’s”/indications, lunette, lisibilité, cohérence technique.Poinçon de GenèveDémarche de certification incluant contrôles de fiabilité, fonctions, étanchéité, précision, réserve de marche.Présence du poinçon et documents; logique de contrôle annoncée par l’organisme de certification.
À noter : le Poinçon de Genève met en avant des contrôles unitaires, et indique par exemple des tests d’étanchéité “au minimum” à -0,5 et +3 bar pour les montres certifiées. (poincondegeneve.ch)
Checklist express : comment inspecter une montre suisse en 3 minutes
- Cadran : alignements, netteté, date centrée, homogénéité des index.
- Boîtier : transitions poli/satiné, arêtes, symétrie des cornes, manipulation de la couronne.
- Bracelet/boucle : jeu, fermeture, micro-ajustement, confort.
- Fonctions : changement de date, stop-seconde, remontage, retour des poussoirs (si chrono).
- Documents : cohérence des numéros, certificat(s), historique d’entretien.
Notre approche chez Dreyfuss Mayet : exigence, discrétion, sérénité
Dreyfuss Mayet a été fondé par Victor Dreyfuss et Camille Mayet, deux passionnés d’horlogerie, avec une activité centrée sur l’achat, la vente et le courtage de montres de luxe neuves ou presque neuves. Notre siège est en Suisse, avec des bureaux à Verbier, et nous opérons dans toute la Suisse (notamment à Genève) et à l’international.
Concrètement, notre objectif est de vous aider à trouver une pièce cohérente avec vos critères (modèle, état, provenance, documentation), ou à vendre dans un cadre sécurisé et confidentiel. Nous indiquons avoir vendu plus de 1 500 montres à travers le monde, via notre site et des plateformes spécialisées telles que Chrono24.
- Découvrir l’univers Dreyfuss Mayet : page d’accueil
- Explorer une sélection : catalogue de montres
- Transmettre une pièce : vendre sa montre
- Comprendre notre histoire : à propos
FAQ – Montres suisses : questions fréquentes
Comment reconnaître une montre suisse de qualité, au-delà de la marque ?
Commencez par des indices “objectivables” : la netteté du cadran (impressions et alignements), la précision des finitions de boîtier (transitions poli/satiné), la qualité du bracelet et de la boucle (absence de jeu, fermeture nette), et la cohérence de la documentation (numéros, papiers, historique). Ensuite, intéressez-vous aux tests : un mouvement certifié (par exemple selon ISO 3159 via le COSC) ou une certification portant sur la montre complète renforce la lecture. Enfin, pensez long terme : une montre de qualité est conçue pour être entretenue et durer.
Quelle différence entre COSC et METAS (Master Chronometer) ?
Le COSC est une certification axée sur la précision du mouvement selon un protocole standardisé (référencé à l’ISO 3159) : tests sur plusieurs jours, en positions et températures différentes. METAS “Master Chronometer” va plus loin sur la montre complète, en couvrant notamment la résistance aux champs magnétiques, l’étanchéité, la réserve de marche et des critères chronométriques définis dans ses exigences techniques. En pratique, COSC est un repère solide de régularité, tandis que METAS vise aussi la robustesse face à des contraintes du quotidien (magnétisme, montre assemblée).
La mention « Swiss Made » garantit-elle la haute horlogerie ?
Non : “Swiss Made” est d’abord une indication de provenance encadrée. Elle implique des conditions (mouvement suisse, emboîtage et contrôle final en Suisse) et un minimum de valeur générée en Suisse, mais elle ne fixe pas un “niveau” unique de finition. Deux montres Swiss Made peuvent donc avoir des standards très différents : décorations, réglages, tolérances, choix des matériaux, tests, contrôle qualité, etc. Autrement dit : c’est un prérequis crédible, pas une preuve automatique de haute horlogerie.
Quels contrôles faire avant d’acheter une montre suisse d’occasion ?
Vérifiez l’identité (référence, numéro de série, cohérence des éléments), l’état du boîtier (arêtes, traces de polissage), le cadran (défauts, retouches, alignement), et le bracelet (jeu, usure, fermeture). Demandez si possible un historique d’entretien et contrôlez la présence d’accessoires (écrin, documents). Testez les fonctions : mise à l’heure, changement de date, remontage, réserve de marche approximative (selon usage). Enfin, gardez en tête que l’étanchéité n’est pas acquise “à vie” : elle dépend notamment de l’état des joints et des contrôles réalisés.
Et maintenant ?
Si vous souhaitez acheter une pièce sélectionnée avec exigence, vendre une montre en toute confidentialité, ou lancer une recherche via un courtage personnalisé, vous pouvez parcourir notre catalogue ou découvrir notre service pour vendre votre montre. Pour comprendre notre approche et notre histoire, rendez-vous sur la page À propos, ou revenez à l’accueil.


.jpeg)






