Fiscalité 2025 : ce qu’il faut savoir pour vendre une montre de luxe en règle

Vendre une montre de luxe a un impact fiscal.

En 2025, la revente d’une montre haut de gamme peut être totalement exonérée d’impôt dans certains pays (comme la Suisse pour un particulier) ou, au contraire, soumise à une taxe spécifique (comme en France avec la taxe forfaitaire sur les objets précieux). Comprendre ces règles avant de vendre une montre de luxe permet d’éviter les mauvaises surprises et d’anticiper le produit net réel de la vente.

Cet article propose un tour d’horizon pratique des grands principes fiscaux applicables en 2025, avec un focus sur la Suisse et la France, afin de vous aider à préparer sereinement la cession de votre montre de prestige.

Attention : les informations ci-dessous sont générales et ne remplacent pas un conseil fiscal personnalisé. Les règles varient selon votre pays de résidence, votre situation et l’évolution des lois fiscales.

1. Vendre une montre de luxe : pourquoi la fiscalité compte autant ?

Quand vous décidez de vendre une montre de luxe, trois paramètres fiscaux sont déterminants :

  • Votre lieu de résidence fiscale (France, Suisse, autre pays) ;
  • La nature de la vente : cession ponctuelle d’un bien personnel ou activité habituelle d’achat-revente ;
  • Les montants en jeu et votre capacité à prouver le prix d’achat initial.

En pratique, un collectionneur suisse revendant occasionnellement une montre de sa collection ne sera pas imposé de la même manière qu’un résident français vendant une pièce exceptionnelle à plus de 5 000 € à travers une maison de vente aux enchères. Dans certains cas, la plus-value peut être exonérée, dans d’autres une taxe proportionnelle au prix de vente est due.

Par ailleurs, pour les patrimoines importants, une montre de collection peut impacter l’impôt sur la fortune (Suisse) ou entrer dans l’analyse de votre patrimoine global (France, autres pays), ce qui justifie une évaluation sérieuse et documentée.

2. Fiscalité 2025 de la vente d’une montre de luxe pour un résident suisse

2.1. Revente occasionnelle depuis la fortune privée : les gains souvent exonérés

En Suisse, le principe général est le suivant : les gains en capital réalisés sur des éléments de la fortune privée mobilière (par exemple une montre détenue à titre personnel) sont, en règle générale, exonérés d’impôt sur le revenu pour les personnes physiques. weka.ch

Concrètement, si vous êtes résident suisse, que vous possédez une montre de luxe dans votre patrimoine privé et que vous la revendez avec une plus-value, ce gain n’est en principe pas imposable au titre de l’impôt sur le revenu, que la transaction se fasse en Suisse ou à l’étranger.

En revanche, si l’administration fiscale considère que vous exercez en réalité une activité commerciale d’achat-revente de montres (fréquence élevée des ventes, recherche systématique de profit, recours à l’endettement, etc.), les gains peuvent être requalifiés en revenu professionnel imposable. Dans ce cas, la fiscalité change complètement (impôt sur le revenu + cotisations sociales et, le cas échéant, TVA). Une analyse individuelle avec un fiscaliste est alors indispensable.

2.2. Montres de luxe et impôt sur la fortune en Suisse

Si la plus-value de cession d’une montre détenue à titre privé est souvent exonérée, la problématique est différente pour l’impôt sur la fortune, prélevé au niveau cantonal et communal. taxea.ch

Les montres de luxe, au même titre que les bijoux, œuvres d’art ou véhicules de collection, sont en principe considérées comme des biens mobiliers de valeur et peuvent devoir être déclarées dans votre patrimoine imposable. pbm-avocats.ch

En pratique :

  • Les objets d’usage courant sont souvent exclus (par exemple une montre classique de valeur modeste portée au quotidien).
  • Les montres de haute horlogerie, séries limitées, pièces rares ou collections importantes doivent en revanche être déclarées, généralement sur la base de leur valeur vénale ou de leur valeur d’assurance.
  • Les seuils d’exonération et taux d’impôt sur la fortune varient selon les cantons (par exemple Genève, Zurich, Zoug), avec des abattements et une progressivité différents. taxea.ch

Dès lors, pour un collectionneur possédant plusieurs montres de prestige, l’enjeu principal n’est pas tant la fiscalité au moment de vendre une montre de luxe que la bonne déclaration de la valeur de collection dans l’impôt sur la fortune.

2.3. TVA et statut professionnel : attention aux collectionneurs très actifs

Si vous vendez ponctuellement une montre issue de votre collection privée, vous n’êtes généralement pas considéré comme un assujetti à la TVA en Suisse.

En revanche, si :

  • vous achetez et revendez régulièrement des montres de luxe avec intention spéculative,
  • vous utilisez une structure commerciale (société, site marchand, boutique),
  • et/ou votre chiffre d’affaires dépasse les seuils d’assujettissement à la TVA,

l’administration peut considérer que vous exercez une activité indépendante. Dans ce cas, la fiscalité bascule vers un régime professionnel (impôt sur le revenu/bénéfice + TVA), avec des obligations comptables et déclaratives plus lourdes. Un ruling ou avis écrit de l’administration fiscale ou d’un conseiller est souvent recommandé pour sécuriser la situation.

3. Fiscalité 2025 de la vente d’une montre de luxe pour un résident français

Pour un particulier résident fiscal de France qui décide de vendre une montre de luxe, la fiscalité ne dépend pas seulement de la plus-value, mais aussi du montant de la cession et du type d’objet.

3.1. La taxe forfaitaire sur les objets précieux (cas le plus fréquent)

En France, les cessions de certains biens (métaux précieux, bijoux, objets d’art, de collection, antiquités) sont soumises à une taxe forfaitaire, qui se substitue à l’imposition classique des plus-values. economie.gouv.fr

Pour les particuliers résidents français :

  • La vente d’un bijou ou d’une montre dont le prix de cession est supérieur à 5 000 € est en principe soumise à une taxe de :
    • 6 % du prix de vente au titre de la taxe forfaitaire sur les objets précieux ;
    • + 0,5 % de CRDS, soit 6,5 % au total.
  • En dessous de 5 000 €, la vente est exonérée de cette taxe.

La taxe est en principe due par le vendeur, via le formulaire n° 2091-SD (Cerfa 11294*13), dans le mois qui suit la cession. service-public.gouv.fr

3.2. Option pour le régime des plus-values sur biens meubles

Le vendeur peut, dans certains cas, renoncer à la taxe forfaitaire et opter pour le régime des plus-values sur biens meubles, à condition de pouvoir :

  • justifier la date et le prix d’acquisition de la montre (facture, acte de succession, etc.) ; ou
  • prouver une détention depuis plus de 22 ans.

Dans ce régime :

  • la plus-value (prix de vente – prix d’achat justifié) est imposée à 19 % au titre de l’impôt sur le revenu ;
  • + 17,2 % de prélèvements sociaux, soit 36,2 % au total, après abattement de 5 % par année de détention au-delà de la deuxième, conduisant à une exonération totale après 22 ans. lemonde.fr

Ce régime peut être intéressant si :

  • la montre a été conservée longtemps (abattement important) ;
  • la plus-value réelle est modérée par rapport au prix de vente ;
  • vous êtes en mesure de produire des justificatifs solides (factures, certificats, inventaires notariés).

3.3. Quand la revente devient une activité professionnelle

Si vous vendez simplement une montre personnelle que vous ne portez plus, vous restez dans le cadre de la gestion privée de patrimoine. En revanche, si vous :

  • achetez régulièrement des montres dans le but de les revendre avec profit,
  • réalisez un chiffre d’affaires significatif via des plateformes en ligne ou des enchères,
  • ou organisez une activité structurée (stock, publicité, démarchage),

l’administration française peut considérer qu’il s’agit d’une activité commerciale : les revenus deviennent alors imposables dans la catégorie des BIC (bénéfices industriels et commerciaux), avec assujettissement possible à la TVA et aux cotisations sociales. economie.gouv.fr

La frontière entre collectionneur passionné et revendeur professionnel reste appréciée au cas par cas. Un avis fiscal spécialisé est fortement recommandé dès que le volume de transactions augmente.

4. France vs Suisse : grandes lignes de la fiscalité 2025 pour la vente d’une montre de luxe

4.1. Tableau récapitulatif des situations fréquentes

Situation (2025)Résident suisse (fortune privée)Résident français (particulier)Vente occasionnelle d’une montre de luxe détenue à titre personnelGain en capital en principe exonéré d’impôt sur le revenu. Déclaration possible de la montre à l’impôt sur la fortune selon sa valeur et le canton.Si prix > 5 000 € : taxe forfaitaire 6,5 % sur le prix (montres considérées comme bijoux), sauf option pour régime des plus-values. Si ≤ 5 000 € : exonération de cette taxe.Collection importante de montres de prestigePeut augmenter significativement l’impôt sur la fortune. Évaluation à la valeur vénale ou d’assurance. pbm-avocats.chPas d’ISF mais patrimoine pris en compte dans l’analyse globale (IFI uniquement pour l’immobilier). Taxe forfaitaire ou plus-values en cas de vente des pièces selon montants.Activité habituelle d’achat‑revente de montresRisque de requalification en activité indépendante : imposition comme revenu professionnel + TVA éventuelle.Risque de requalification en activité commerciale : imposition BIC, TVA, cotisations sociales. economie.gouv.fr

Pour les collectionneurs et vendeurs transfrontaliers (par exemple résident français possédant des montres en Suisse ou inversement), il est indispensable de vérifier les conventions fiscales et d’anticiper le risque de double imposition, notamment lors de ventes aux enchères internationales. ccifs.ch

5. Bonnes pratiques avant de vendre une montre de luxe

5.1. Conserver et centraliser toutes les preuves d’achat

Pour optimiser la fiscalité et sécuriser votre situation, il est essentiel de conserver :

  • la facture d’achat initiale (date, prix, vendeur) ;
  • les certificats d’authenticité et cartes de garantie ;
  • les éventuels documents douaniers en cas d’importation ;
  • les expertises réalisées par des professionnels, surtout pour les pièces rares ;
  • les preuves de transmission (donation, succession) le cas échéant.

En France, ces justificatifs sont indispensables pour pouvoir opter, le cas échéant, pour le régime des plus-values sur biens meubles plutôt que la taxe forfaitaire sur les objets précieux. En Suisse, ils permettent de justifier la valeur déclarée pour l’impôt sur la fortune et de démontrer le caractère privé de la détention.

5.2. Faire estimer sa montre de manière professionnelle

Une estimation sérieuse joue un double rôle :

  • Elle vous aide à vendre votre montre de luxe à un prix cohérent avec le marché, sans sous-estimer sa valeur.
  • Elle fournit une base objective pour vos déclarations fiscales (impôt sur la fortune, justificatifs en cas de contrôle, etc.).

Chez Dreyfuss Mayet, fondé par Victor Dreyfuss et Camille Mayet, l’expertise horlogère et la connaissance du marché international permettent d’apporter une évaluation précise et documentée, tout en restant strictement dans le domaine de l’horlogerie. Pour les aspects fiscaux, il convient néanmoins de vous rapprocher de votre conseil habituel.

5.3. Anticiper la dimension internationale

Les montres de luxe circulent souvent d’un pays à l’autre : achat en Suisse, revente en France, livraison à un acheteur situé dans un troisième pays, passage par une plateforme internationale, etc. Chaque étape peut avoir des conséquences :

  • Taxes à l’import/export, TVA, droits de douane ;
  • Règles différentes selon votre résidence fiscale réelle ;
  • Obligations déclaratives particulières (formulaires, délais).

Pour les transactions complexes, il est recommandé de :

  • utiliser un intermédiaire spécialisé dans les montres haut de gamme ;
  • et, en parallèle, de consulter un conseil fiscal international, surtout si les montants sont élevés ou si vous vendez plusieurs pièces sur une courte période.

6. FAQ – Questions fréquentes sur la fiscalité 2025 et la vente de montres de luxe

6.1. Quel impôt dois-je payer si je vends une montre de luxe en France pour plus de 5 000 € ?

Si vous êtes résident fiscal français et que vous vendez une montre de luxe (considérée comme bijou) pour un montant supérieur à 5 000 €, vous êtes en principe redevable de la taxe forfaitaire sur les objets précieux. Celle-ci s’élève en 2025 à 6 % du prix de cession, auxquels s’ajoutent 0,5 % au titre de la CRDS, soit 6,5 % du prix total. economie.gouv.fr En dessous de 5 000 €, la vente n’est pas soumise à cette taxe. Vous pouvez, sous conditions, opter pour le régime des plus-values sur biens meubles si vous pouvez justifier la date et le prix d’acquisition.

6.2. En Suisse, dois-je déclarer mes montres de luxe à l’impôt sur la fortune ?

En Suisse, l’impôt sur la fortune est cantonal et communal. Les biens mobiliers de valeur – dont les montres de luxe et collections horlogères importantes – doivent généralement être pris en compte dans votre patrimoine imposable, en particulier si leur valeur est significative. invexa.ch La distinction se fait entre objets d’usage courant (souvent non déclarés) et biens de collection ou de très grande valeur, évalués à la valeur vénale ou d’assurance. En cas de doute, il est prudent de solliciter l’administration fiscale de votre canton ou un conseiller local.

6.3. Comment prouver le prix d’achat de ma montre de collection au fisc ?

Pour bénéficier d’un régime plus favorable (par exemple le régime des plus-values sur biens meubles en France), vous devez pouvoir prouver le prix d’acquisition et la date d’achat. Idéalement, vous conservez la facture d’origine émise par le détaillant ou le professionnel, ainsi que les relevés bancaires correspondants. En cas d’héritage ou de donation, un inventaire notarié ou une expertise faisant état de la valeur à la date de transmission est précieux. Plus vos documents sont complets (certificat d’authenticité, numéro de série, photos), plus votre position sera solide en cas de contrôle.

6.4. Je vends régulièrement des montres de luxe en ligne : suis-je considéré comme professionnel ?

Si vous revendez ponctuellement une ou deux montres issues de votre collection personnelle, vous restez en principe dans un cadre privé. En revanche, si vous achetez et revendez fréquemment des montres via des plateformes, avec un objectif de profit systématique et des montants croissants, l’administration (en France comme en Suisse) peut requalifier votre activité en activité commerciale ou indépendante. economie.gouv.fr Cela implique une imposition comme revenu professionnel, des obligations comptables et, potentiellement, la TVA. Au-delà de quelques ventes importantes par an, un avis fiscal est vivement recommandé.

6.5. Peut-on vendre une montre de luxe sans payer d’impôt ?

Oui, dans certains cas. Un résident suisse qui revend une montre de luxe issue de sa fortune privée peut, en principe, ne pas payer d’impôt sur la plus-value, même si la montre a pris de la valeur, sous réserve de ne pas exercer une activité professionnelle d’achat-revente. taxes-impots-suisse.com En France, la vente d’une montre en dessous de 5 000 € n’est pas soumise à la taxe forfaitaire sur les objets précieux ; de plus, le régime des plus-values peut mener à une exonération après 22 ans de détention, si vous pouvez prouver l’ancienneté de la propriété. Dans tous les cas, l’impôt sur la fortune ou d’autres taxes peuvent toutefois rester applicables selon votre situation globale.

7. Et maintenant ? Vendre votre montre de luxe en toute sérénité

Maîtriser la fiscalité est une étape clé pour vendre une montre de luxe dans de bonnes conditions, mais c’est loin d’être la seule. L’authenticité, l’état de la pièce, sa rareté et la qualité de la mise en marché jouent un rôle déterminant dans le succès de l’opération.

Pour bénéficier d’un accompagnement horloger sur mesure – estimation, authentification, mise en relation avec des acheteurs sérieux, gestion discrète de la transaction – vous pouvez découvrir le service dédié à la vente de votre montre proposé par Dreyfuss Mayet, ainsi que notre sélection de montres de luxe neuves ou quasi neuves.

Pour en savoir plus sur notre histoire, notre présence en Suisse (notamment à Verbier) et notre clientèle internationale, consultez la page À propos de Dreyfuss Mayet. Pour la partie fiscale, n’hésitez pas à transmettre à votre avocat ou conseiller fiscal les éléments pratiques présentés dans cet article, afin d’obtenir un avis parfaitement adapté à votre situation personnelle.